Gloire aux vieux !… Fini le jeunisme, vive le « vieillisme » !
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Ainsi, il aura fallu attendre 2012 pour voir le jeunisme, né avec les enfants du rock et biberonné au dérisoirement correct de la génération Canal, céder enfin du terrain au reste des vivants (en gros, les plus de 35 ans).

Dustin Hoffman, little old man

Avec « Quartet », la star hollywoodienne passe, à 75 ans, derrière la caméra. Son film fait un éloge, tendre et canaille, de la vieillesse.

2012 : l’année du grand retour des vieux, avec les Taviani, Manoel de Oliveira ou le film Amour, Palme d’or à Cannes.

Toutes les grandes stars du cinéma américain des années 70 sont passées un jour derrière la caméra. Jack Nicholson a commencé à 34 ans (Vas-y fonce). Clint Eastwood à 41 ans (Un frisson dans la nuit), tout comme Warren Beatty (Le ciel peut attendre). Robert Redford à 44 ans (Ordinary people). Robert De Niro à 50 ans (Il était une fois le Bronx). Al Pacino à 56 ans (Richard III). Parmi ces monstres sacrés du Nouvel Hollywood, il n’y avait jusqu’ici que Dustin Hoffman à ne pas avoir touché de la réalisation.
C’est désormais chose faite.

Hoffman, que nous rencontrons jeudi passé à Londres dans un petit salon de l’hôtel Soho (le grand entretien paraîtra lors de la sortie du film, en 2013), nous rappelle d’abord que l’expérience de cinéaste l’avait déjà tenté en 1978, quand il avait pris les commandes du film Le récidiviste… pour mieux jeter l’éponge, quelques jours à peine après le début du tournage. « Je me sentais à l’époque totalement dépassé par les événements. Alors je me suis auto-viré. Tout en gardant mon rôle devant la caméra. » Ce fut Ulu Grosbard, pour l’anecdote, qui termina le film.

Trente-cinq ans plus tard, cette fois ça y est. À 75 ans, Hoffman est enfin venu à bout de ce Graal qui, semble-t-il, lui tenait sacrément à cœur. Quartet, présenté au Festival de Londres après une première mondiale à Toronto le mois passé, est un hymne bien joli, tour à tour drôle, tendre et mélancolique, aux artistes du troisième âge.
Un peu comme le fut en 1996 la comédie loufoque de Patrice Leconte, Les Grands ducs, dans laquelle un trio d’anciens combattants de la scène (Noiret, Marielle, Rochefort) assumaient de faire de la résistance.

En lançant un bras d’honneur au jeunisme. Quartet, inspiré de la pièce de théâtre de Ronald Harwood, plante son décor dans une maison de retraite pour musiciens et chanteurs d’opéra du troisième âge. Ce petit monde est bientôt mis en émoi par l’arrivée d’une ancienne et très prestigieuse diva (Maggie Smith), qui refuse de céder à l’invitation insistante à sortir de son silence et à chanter à l’occasion d’un gala caritatif.

On est heureux de voir l’ami Dustin nous revenir en si belle forme, après une série de films qui ne sont pas tout à fait dignes, ces dernières années, de ses moments de grandeur. Et il y en eut, du Lauréat (1967) à Rain Man (1988, Oscar du meilleur acteur), en passant entre les deux par une dizaine de grands classiques, tels que Macadam Cow-boy, Little big man, Les chiens de paille, Papillon, Lenny, Les Hommes du président, Marathon man, Kramer contre Kramer (autre Oscar du meilleur acteur) ou Tootsie. Ouf !

Si Dustin Hoffman revient au devant de la scène pour nous parler des tracas de l’âge et de l’urgence de croquer dans la pomme, il le doit sans doute à la crise personnelle qu’il a traversée.
« Il y a quelques années, Hollywood m’a rendu un hommage pour l’ensemble de ma carrière. Mes amis Jack Nicholson et Warren Beatty y ont pris la parole. On a mis les petits plats dans les grands. Mais au fond, on m’a célébré comme si c’était fini. Comme si j’étais fini. Comme si je n’étais plus là. Et la nuit qui a suivi cet hommage, j’ai eu une attaque de panique. Ce fut le début d’une crise profonde. J’ai entamé une thérapie. »

Il s’en est finalement relevé.
Peu avant notre rencontre avec Hoffman, Billy Connolly, qui partage l’excellente affiche de Quartet avec Maggie Smith et Tom Courtenay, nous confiait que pour lui, son ami ne faisait pas avec ce film ses débuts de cinéaste. « Cela fait des années qu’à sa façon, Dustin dirige les films dans lesquels il joue. »
Dustin Hoffman, qui ne joue pas dans Quartet, nous a quitté en nous confiant qu’il avait hâte de poursuivre l’aventure derrière la caméra. En quoi il a tout à fait raison.

Fini le jeunisme, voici le vieillisme

L’industrie du cinéma a longtemps snobbé les vieux. En 2012, ceux-ci prennent une bien belle revanche. Et pourraient même prendre le pouvoir.

2012 serait-elle l’année de tous les changements ?

Une chose est sûre : longtemps obsédée par la conquête du marché jeune (en gros, les moins de 26 ans), l’industrie du cinéma est en train de se rendre compte (ou de se souvenir ?) qu’il y a une vie après la jeunesse. Il était temps !
Le récent succès commercial du film Indian Palace (John Madden), emmené par une bande de vieux canaillous (Maggie Smith, 77 ans, Judi Dench, 77, Ronald Pickup, 72…), a semble-t-il donné des idées aux rois du marketing.
D’autant qu’aux festivals de Berlin et de Cannes, ce sont encore les vieux qui ont trusté les plus beaux prix : Ours d’or pour les frères Taviani (83 et 80 ans) avec 
César doit mourir, Palme d’or pour Michael Haneke (70 ans) et son film Amour, centré sur la vie conjugale, à l’approche de la mort, de deux octogénaires (Jean-Louis Trintignant, 81 ans et Emmanuelle Riva, 85).

Si l’on rajoute à cela les récentes comédies vitalistes et douce-amères de Dustin Hoffman (Quartet), de Stéphane Robelin (Et si on vivait tous ensemble, avec Guy Bedos, Jane Fonda, Claude Rich et Pierre Richard, tous entre 74 et 83 ans), voire Hope springs, où Meryl Streep et Tommy Lee Jones abordent de façon décomplexée le problème de la sexualité des (jeunes) seniors, on est en droit de considérer que tout cela fait sens. Et, comme on dit dans le jargon professionnel, que cela ressemble à un phénomène de société.

Ce n’est pas Manoel De Oliveira, cinéaste portugais de 103 ans qui nous contredira : la population vieillit ! Et du coup, les spectateurs aussi, qui s’identifient davantage à des films de maturité qu’à des comédies romantiques ou des films à effets spéciaux.
Des films qui, entre parenthèses, sont de plus en plus souvent réalisés par des réalisateurs qui ont largement dépassé l’âge de la pension Woody Allen, 77 ans, Roman Polanski, 79, Alain Resnais, 90, Clint Eastwood, 82, Robert Redford, 76…

Cette semaine, à Londres, les acteurs du film de Dustin Hoffman s’en sont donné à cœur joie sur le sujet. Pour Billy Connolly, 70 ans, la prise de conscience par l’industrie du cinéma de l’existence d’un autre public que celui des films de teenager est une excellente chose. « Et ça ferait du bien désormais d’avoir plus de gens d’expérience, dans le cinéma, plutôt que de céder en permanence, comme ce fut longtemps le cas, au culte de la nouveauté. »
Maggie Smith va plus loin, en s’appuyant sur des chiffres qui, en effet, laissent à réfléchir. 28% des gens qui vont aujourd’hui au cinéma, en Grande-Bretagne, sont des personnes du troisième âge. Un chiffre qui ne cesse de croître. Et pour cause : il y a de plus en plus de plus de 65 ans. Ils ont du temps devant eux. Et, souvent, moins de difficultés financières que les jeunes… qui consomment de plus en plus le cinéma via téléchargement. Pour Maggie Smith, « les rares films qui ont pris pour cibles les gens du troisième âge ont été des succès ». Et de rappeler celui de Miss Daisy et son chaufffeur, emmené par Jessica Tandy, alors 80 ans, qui décrocha en 1989 l’Oscar et fit un véritable malheur.

Finola Dwyer, productrice de Quartet, n’est pas dupe. « Je crois que nous sommes en train de nous éveiller à l’idée qu’il existe aujourd’hui un immense public dont on ne s’est pendant trop longtemps pas du tout occupé. Il y a une forte demande pour de bonnes et surprenantes histoires touchant au crépuscule de la vie. Quartet répond à cette demande, en montrant que le crépuscule n’est pas forcément synonyme de déprime, loin de là. »

Gloire aux vieux !

Le cinéma et la musique, à l’instar des médias du vingt-et-unième siècle, n’ont jamais cessé de glorifier tout ce qui,de près ou de loin, ressemble à de l’acné, aux prouts de bébé rocker et autres petits rots de lady qui laissent la jeunesse gaga.

Or, c’est dit, et c’était déjà dans la chanson de Brassens, “le temps ne fait rien à l’affaire : quand on est con on est con”… même jeune !

Les actrices qui vieillissent en savent quelque chose, elles (Michelle Pfeiffer, Gena Davis, Kim Basinger, Kathleen Turner, Jessica Lange…) qui au-delà de trente ans ont souvent été priées à Hollywood de changer de métier.
Ou, pas mieux, de lifter l’élasticité de leur tissu. Honteux gâchis.

Qu’on se le dise :

les vieux sont beaux. Majestueux. Ils ont du chien. Leurs rides d’Apaches anciens sont des paysages accidentés qui dégagent une profonde émotion. Ils sont le relief de la vie.

D’ailleurs, sans eux, le monde ressemble à une plage d’Ibiza, éternellement plate et ensoleillée. Quel ennui !

L’autre jour, à la radio, une animatrice du service public belge passait ses nerfs sur le sujet d’un film, « Tous les espoirs sont permis » (avec Meryl Streep et Tommy Lee Jones) dont le crime fut de parler des problèmes sexuels chez les seniors. « On ne parle pas de ça », « on n’a pas envie de voir ça », s’indignait en gros la mignonne. Qui derrière son argumentation, cachait mal le racisme anti-vieux de notre époque

Magnifique nouvelle, donc :

Le nombre croissant de films évoquant les problèmes de vieux tendrait à siffler la récréation des bêtifiants jeunistes. Lesquels se consoleront en estimant que cette humeur est forcément l’œuvre d’un réactionnaire.

Source article signé : Nicolas Crousse

 

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